« Transsubstantiation »
« Ceci est mon Corps, prenez et mangez », puis « ceci est mon Sang, prenez et buvez. » En prononçant ces paroles à ses disciples quelques heures avant sa mort, Jésus ne prélève pas sur lui un morceau de sa chair, ni quelques millilitres de son sang. Non, en prononçant ces paroles, Jésus partage et distribue du pain, et fait circuler une coupe de vin. Par la Parole de Jésus, ce pain et ce vin deviennent Corps et Sang. Il s’agit d’un Corps et un Sang de Parole, sa Parole, Corps et Sang du « Verbe » - suivant le terme choisi par Saint Jean. En présentant son Corps et son Sang à ses disciples, Jésus fait référence à la spiritualité juive, dans laquelle le corps est le siège de l’esprit, et le sang celui de la vie. De cette façon, Jésus offre à ses disciples son Esprit et sa Vie. Jésus a désiré être dans ses disciples, comme Lui est dans son Père, et son Père est en Lui. Et Il a été jusqu’à inviter ses disciples à manger son Corps et boire son Sang. À notre tour, nous sommes invités au même repas. Pas simple pour nous de concevoir le passage de ce Corps et ce Sang de Parole au Corps et au Sang sous la forme de pain et de vin. Dans l’eucharistie, ce Corps préparé pour être mangé, et ce Sang destiné à être bu, ont toujours l’aspect, la texture et la saveur du pain et du vin. Pas de réaction chimique, ni de transmutation nucléaire ne les a modifiés matériellement. Seule la Parole du Christ (reprise par le prêtre) les a transformés dans notre foi. L’Église a trouvé nécessaire d’employer le joli terme de « transsubstantiation » pour assurer que le Christ est bien présent Corps et Sang - Esprit et Vie - dans le pain et le vin de l’Eucharistie. Un terme qui en rajoute à ce mystère. De temps en temps, il est bon de se rappeler que lorsque nous communions, nous ne le faisons pas pour accomplir un rite - je le fais par habitude - nous ne sommes pas dans un acte social - on m’a vu monter à l’autel. Nous communions pour nous, pour laisser le Seigneur entrer en nous. Mais nous communions aussi pour être en lien avec nos frères. En effet, ce pain que nous mangeons, que nous apporte-t-il s’il n’est pas partagé ? D’ailleurs, nous communions bien au Corps du Christ. Peut-être pourrions-nous aussi avoir accès à son Sang ?
Denis
L'édito de la semaine
